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uatre
ans après le discours de Bonnet, la profession d'avocat est supprimée
(décret du 2 septembre 1790). Elle n'est rétablie que vingt ans
plus tard par Napoléon Ier (décret du 14 décembre 1810). Dans l'intervalle,
d'anciens avocats au Parlement travaillent à maintenir et à transmettre
les usages du Barreau. Sous le Consulat, certains d'entre eux organisent
des
" conférences particulières ", avec notamment des " causes fictives
" qui contribuent à préparer une nouvelle génération de juristes
aux débats judiciaires. Peu après son rétablissement, l'Ordre des
avocats reconstitue, au sein même du Palais de Justice, une bibliothèque.
Celle-ci a tôt fait de devenir, à l'image de sa devancière, le lieu
privilégié de la vie collective du Barreau. Elle abrite notamment
les conférences organisées par l'Ordre dans un double but : délivrer
des consultations gratuites aux plus démunis et débattre de questions
de droit. La participation aux conférences de la bibliothèque constitue
l'un des éléments de la formation des stagiaires et elle est à ce
titre obligatoire.

e Bâtonnier
prend bientôt l'habitude de confier la préparation des séances de
travail à de jeunes avocats, appelés les secrétaires de la conférence.
Ils sont d'abord au nombre de dix (à partir de 1818) et demeurent
parfois en fonction plusieurs années de suite. Sous la Monarchie
de Juillet, ils ne sont plus nommés par le Bâtonnier, mais élus
par les avocats. A la même époque (1832), l'usage instauré avant
la Révolution de donner la parole à un jeune avocat lors de la rentrée
du Barreau est repris et développé : ce sont désormais deux orateurs
qui prononcent un discours, à la suite de celui que le Bâtonnier
consacre à des questions d'intérêt général pour le barreau. Les
jeunes orateurs désignés (ce sont, depuis plus d'un siècle, les
deux premiers secrétaires) évoquent la mémoire d'une personnalité
disparue, une affaire célèbre ou un sujet concernant l'histoire
de la Justice ou du Barreau. Il en est de même aujourd'hui, et l'ensemble
des discours prononcés (imprimés pour la plupart) constituent une
source irremplaçable pour l'histoire du barreau mais aussi de l'éloquence
judiciaire. C'est également sous le règne de Louis-Philippe que
le nombre des secrétaires passe de dix à douze (1835), et que le
secrétariat se limite à la durée d'une année (à partir de 1844).

n 1851, une
loi relative à l'assistance judiciaire rend inutile la tenue des
réunions de consultations gratuite. L'année suivante, l'existence
de la conférence du stage est consacrée par un texte officiel :
le décret du 22 mars 1852 précise que les secrétaires de la conférence
sont désignés par le Conseil de l'Ordre et que les avocats stagiaires
frappés de peines disciplinaires sont exclus du concours (il en
est toujours ainsi). La Conférence est désormais un concours officiel
dont les secrétaires sont des lauréats. Les sujets soumis aux candidats
sont à cette époque purement juridiques. Voici par exemple la question
posée par Léon Gambetta (secrétaire de la Conférence en 1862-1863)
lors de la séance du 21 mars 1863 : " l'étranger, habitant une commune
de France, a-t-il droit à l'affouage ? " (droit de prendre du bois
de chauffage dans une forêt communale). De multiples références
de doctrine et de jurisprudence sont indiquées, pour répondre par
l'affirmative ou par la négative à la question posée.

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