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des secrétaires de conférence deviennent, comme Gambetta, des célébrités
du monde judiciaire et politique. Un véritable esprit de corps se
forme bientôt entre les différentes promotions de lauréats. En 1878
est créée l'Association Amicale des Secrétaires et Anciens Secrétaires
de la Conférence des Avocats à Paris. Elle publie dès l'année suivante
un bulletin qui compte aujourd'hui plus de cinquante numéros, et
qui permet de mesurer le rayonnement considérable de l'Association,
en dépit du nombre limité de ses adhérents. Rappelons simplement
que parmi les anciens secrétaires de la conférence figurent trois
Présidents de la république (Grévy, Poincaré et Millerand), plusieurs
dizaines de ministres et de parlementaires, des conseillers d'Etat,
des magistrats, mais aussi des membres de l'Académie Française et
de l'Institut (des listes détaillées figurent dans l'annuaire publié
par l'Association en 1998). Depuis quelques années, historiens,
sociologues et politologues consacrent des études à la société très
particulière que forment les secrétaires de la Conférence.

evenue l'objet
de savantes recherches, la Conférence ne serait-elle donc plus que
la survivance d'un passé glorieux, où l'avocat dominait la vie politique
? rien n'est moins vrai. Elle a simplement évolué, à l'image du
Barreau tout entier. En quelques décennies, la profession a connu
des mutations radicales. L'élargissement considérable du champ d'activités
professionnelles a transformé l'homme des prétoires en un technicien
du droit au compétences multiples : l'avocat n'est plus seulement
un défenseur ; il est aussi un conseiller, un négociateur, un rédacteur
d'actes. S'il fréquente moins le gouvernement et le Parlement que
par le passé, il joue en revanche les premiers rôles dans la vie
publique, où le Droit et la Justice sont omniprésents. La complexité
croissante de la profession a fort logiquement donné naissance à
une formation de plus en plus exigeante, dispensée dans des centres
spécialisés.

a Conférence
s'est adaptée à la professionnalisation croissante du jeune barreau.
Elle ne cherche plus à éprouver les connaissances juridiques des
candidats, examinées par ailleurs, et privilégie désormais leur
culture, leur esprit et leur sensibilité. Les sujets posés sont
le plus souvent d'intérêt général, et leur intitulé est parfois
déconcertant. La Conférence Berryer, héritière des anciennes " Conférences
particulières ", obéit au même principe, avec plus de fantaisie
que sa sour aînée. Les propos tenus de nos jours par les candidats
sont bien différents des discours prononcés sous la Troisième République.
Mais il n'en poursuivent pas moins le même dessein : séduire et
convaincre l'auditoire.

urant leur
année de secrétariat, les lauréats du concours doivent animer l'ensemble
de la défense pénale, mission qui s'inscrit dans la longue tradition
d'assistance aux plus démunis, mais aussi représenter le jeune barreau
en France et à l'étranger : autant de circonstances où bonne maîtrise
de la parole est indispensable et constitue, après la réussite du
concours, une expérience professionnelle et humaine qui n'a pas
d'équivalent.

ujourd'hui
comme hier, la Conférence est un lieu privilégié d'apprentissage,
une véritable école de la parole. Son mode de fonctionnement a changé
et changera encore, tout comme les formes de l'éloquence. Mais ce
qui fait sa raison d'être n'est pas sujet aux modes, et les affirmations
soutenues voici plus de deux siècles par Bonnet n'ont rien perdu
de leur valeur en l'an 2000.
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