La
Conférence BERRYER
 ette
étonnante manifestation se déroule, une fois par mois, dans la Salle
des Criées du Palais de Justice, sous la responsabilité du quatrième
Secrétaire.
ette
Conférence porte le nom d'un illustre avocat, Pierre-Antoine BERRYER,
en signe d'hommage à son goût du défi et de la liberté :
Avocat dans l'âme, BERRYER a toujours défendu ceux qui n'avaient
pas les faveurs du pouvoir.
Royaliste de conviction, il défendit pourtant les généraux bonapartistes
vaincus, CAMBRONNE et NEY.
Esprit plein d'indépendance, il plaida pour les ouvriers typographes
ou pour LOUIS-NAPOLEON après la conspiration manquée de 1840.
Académicien français, Bâtonnier de l'Ordre (1852-1854), BERRYER
donna à la plaidoirie ses lettres de noblesse, celle du courage
et du cour.
ous le parrainage
de cet illustre avocat, le ton de la Conférence BERRYER est donné
!
La Salle des Criées, à elle seule, suffit à en résumer l'atmosphère,
que d'aucuns ont comparée à celles des jeux du cirque.
Respectant un certain retard qui contribue à l'excitation du public
de BERRYER, les douze Secrétaires font habituellement une entrée
remarquée en compagnie de leur invité, en se frayant un passage
au travers d'une foule surchauffée.
'usage s'est
en effet établi de convier en BERRYER un invité d'honneur.
Ainsi la Conférence BERRYER a accueilli, entre autres, Monseigneur
Lustiger et Monseigneur Gaillot, Gainsbourg,
Seguela, Pasqua, Boudard, Ustinov, Toscan du Plantier, Deniau,
Ppda, Bedos, Luchini, Rocard, Dormann, Pivot, Coppens, Reno, Nougaro,
Tapie, Sarkozy, Charasse, Plantu, Hanin. et en 2000, Roselyne
Bachelot, Patrick Bruel, Gérard Miller et Jean-Pierre Bacri.
e Secrétaire
rapporteur de la séance prononce alors un éloge
"doux-amer" de l'invité, laissant ce dernier rectifier, à l'issue
de son rapport seulement, les quelques contre-vérités lancées en
public.
Deux sujets, proposés quinze jours à l'avance, sont ensuite rappelés
aux valeureux candidats de cette Conférence, avocats ou pré-stagiaires
de l'EFB, qui au nombre de trois ou quatre viennent défier la Conférence
du Stage en déclamant un discours au beau milieu de la foule.
près chaque
discours, les Secrétaires prennent tour à tour la parole
(du douzième au premier) et critiquent avec plus ou moins de férocité
et d'humour leurs jeunes confrères. Le dernier mot revient à l'invité,
souvent soucieux de défendre le candidat.
l'issue des
discours de la soirée et des critique, vient l'heure de la contre-critique.
La parole est alors donnée à un ancien Secrétaire, qui vient clouer
au pilori de leur propre faconde (qu'ils croyaient éloquente.) chacun
des Secrétaires, déplorant à chaque fois l'image honteuse de la
Conférence du Stage donnée par la promotion en exercice.
La
boucle est bouclée et l'auto-dérision triomphe sur un dernier mot
de l'invité qui clôture ces jeux du cirque modernes.
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